Velluto-Storia di un ladro
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Pubblicato il 11 octobre 2007 su comptines

Velours, le nez d’un voleur
Silvana D’ANGELO (texte) & Antonio MARINONI (ill.)
Traduit de l’italien par Sophie Royère
Éd. Naïve, second semestre 2007 – 15 €

Velours est un voleurétrange et s’il est silencieux, comme il se doit dans saprofession, c’est surtout pour mieux déployer son sens le plusaiguisé : l’odorat. Velours nous raconte comment il a suiviColombre depuis sa sortie du théâtre, jusqu’à sademeure où l’attendent mari, enfants et chat. Comment il seglisse par une fenêtre, observe et écoute les habitantsde ce bel appartement. Comment surtout, il hume, reniffle, respire tousles parfums, toutes les odeurs de la maisonnée. Depuis levestibule, encombré d’œuvres d’art, il est aux aguets, àl’affût d’une odeur, d’une sensation. Il écoute : le repasen famille, l’histoire de pirates racontée par le père,les enfants qui se couchent, les parents qui lisent. Le chat qui sefaufile entre ses jambes et reconnaît en lui un ami, un semblableappartenant « à la même espèce dehors-la-loi (…) pas liés à la possessionmatérielle » et pour qui « voler est unidéal ».

Avec Velours, nous pénétronsdans l’intimité de cet appartement bourgeois cossu,meublé avec goût. Ici on reconnaît une table,là un fauteuil, une lampe ou un tableau. Pourtant Velours ignoreces coûteuses œuvres d’art, il cherche autre chose. Et ce n’estque quand un fantôme le fera fuir – seuls lesfantômes n’ont pas d’odeur – qu’il révèleraau lecteur que c’est à la recherche de sa propre histoirequ’il visite les maisons des autres. À la recherche d’une odeur de sonpassé dont il ignore tout, une odeur qui lui dirait qui il est.Velours se dévoile ainsi au lecteur : « unerecherche sans trêve me fait imaginer le jour où mon neztrouvera la bonne piste. Alors, je cueillerai dans un coin le soufflesecret de la maison qui fut la mienne. Je la reconnaîtrai sansl’ombre d’un soupçon. J’arriverai là où je suisné. Et enfin je saurai vraiment qui je suis, sous le masque duvoleur Velours. »

Il se dégage de cet album un parfum étrange fait d’unenostalgie où se mêlent la douceur d’une soirée enfamille et l’acidité de la solitude.
Les images sont très belles et regorgent de clins d’œilsartistiques en tous genres et de mises en abîmes ironiques, maisle texte surtout est exceptionnel. Très littéraire et, onl’imagine, très bien traduit, il rend présentes aulecteur toutes les odeurs que Velours détaille. Il fourmilled’expressions et d’adjectifs pour qualifier les fumets quis’échappent de ce bel appartement. Les odeurs du présentet celles du passé. Celles qui s’attachent aux objets, et cellesqui suivent les personnes. À la lecture du texte et de l’image, s’ajoute ici la mobilisation denotre odorat mis en appétit par ce récit. Une vraieexpérience pour les sens.

par Ariane Tapinos

Date de publication de l’article : jeudi 11 octobre 2007.